• Cindy

Péripéties d'une maman solo, épisode 4 (Un voyage mouvementé !)

Mis à jour : mai 4

Mercredi 13 janvier 2021

(Hé, hé, t’as vu, j’ai pas oublié de changer l’année !)


Cher Journal,


Ça y est, on a sauté à pieds joints dans 2021 ! Je ne sais pas encore ce qu’elle nous réserve, cette nouvelle année, ni si elle s’annonce plus sereine que 2020. On peut pas vraiment dire que la différence soit flagrante, là, tout de suite (il paraît que des bisons ont envahi le Capitole !), mais haut les cœurs ! Il reste encore 353 jours avant 2022, rien n’est perdu. Malgré le couvre-feu à 22 heures, on a quand même passé de très belles petites fêtes ! Après tout, en démarrant à 17 heures, il y avait moyen de profiter quand même, hé, hé ! (Bon, OK, on a hésité à attendre jusqu’à minuit le 31, mais on a tenu bon ! #vismaviedemamy.) L’une des choses qui m’ont le plus manqué c’est de ne pas pouvoir descendre dans le Sud, chez mon oncle et ma tante qui habitent en France. J’ai l’impression de ne plus y être allée depuis des siècles ! OK, j’y étais en août, mais merde, c’est déjà loin, août ! Ce voyage avait d’ailleurs été assez épique... Je vais souvent voir ma « famille du Sud », donc autant te dire que je connais le vol Bruxelles – Nice comme ma poche et que je n’arrive pas des heures avant l’embarquement (d’autant plus quand je voyage seule, ce qui était le cas ce jour-là, ma grenouille étant en vacances avec son papa). Mardi 11 août, mes parents me déposent donc au drop-off, et je me dirige tranquillement vers le hall des départs. (Oui, tu peux imaginer la nana sifflotant tranquillement.) Je passe par le couloir qui mesure la température (avec un léger stress, car même si tu sais que t’en as pas, t’as peur que ça sonne, comme quand tu sors d’un magasin et que tu passes le portique antivol), et j’aperçois au loin le comptoir pour enregistrer mon bagage. Il y a peu de monde, tout s’annonce bien. L’hôtesse m’appelle, je dépose mon sac de voyage sur le tapis, elle prend mon billet et ma carte d’identité, elle me regarde, et là, elle me dit : « Vous avez un masque chirurgical en papier, pour le vol ? - Euh, non, juste des masques en tissu. - Vous ne pouvez pas embarquer sur les vols vers la France si vous n’avez pas de masque chirurgical. Ce sont des mesures entrées en vigueur il y a quelques jours. » J’avoue. J’avais vaguement entendu quelque chose à ce sujet. Mais j’avais pris ce même vol au mois de juillet, et je portais un masque en tissu. (En été, les mesures ne changeaient pas encore d’une heure à l’autre !) Je réprime la sueur froide qui me pique la nuque, m’attendant à ce qu’elle me donne (me vende ?) un masque chirurgical. Sauf qu’elle n’en fait rien. Elle me rend mon billet, ma carte d’identité, m’invite à reprendre ma valise du tapis et me dit : « Il faut vous procurer un masque, je vous conseille d’aller à la pharmacie, là, un peu plus loin. » Je la regarde, ahurie, et me rends compte qu’elle est sérieuse. Waw. OK. Me voilà donc, repartant du comptoir, tirant ma valise, me dirigeant vers ladite pharmacie. Qui est fermée. (Bah oui, sinon, l’histoire serait déjà finie et ce ne serait pas drôle.) Un panneau indique qu’elle rouvre dix minutes plus tard. J’attends donc. Les minutes s’écoulent, la panique augmente. Purée, il est hors de question que je loupe mon vol (et surtout mes vacances amplement méritées !) pour une histoire de masque !

Je m’éloigne de la pharmacie et me mets à parcourir le hall des départs. Ils doivent vendre des masques un peu partout, non ?! Je commence par le point Relay, situé à l’autre bout. Ils n’en ont pas (enfin, si, mais en tissu !). « Vous n’êtes pas la première à nous en demander ! me dit la vendeuse… (Ouaaaiiis, super, ça me fait une belle jambe !) Vous en trouverez sûrement à la pharmacie, de l’autre côté du hall. » (No comment.) Je reviens donc sur mes pas. Elle est toujours fermée. Je regarde les affiches avec plus d’attention, et vois, au milieu de tout un tas d’affichages, un autre papier qui indique que depuis fin juin, ils ferment à 15 heures. Mais. Que ? Pourquoi ?? Les sueurs froides se font plus sérieuses. Il doit me rester environ une demi-heure avant que le comptoir d’enregistrement ne ferme. Et si j’appelais mes parents pour leur demander de faire demi-tour pour m’apporter un masque jetable ?! Avec un peu de chance, ils arriveraient à temps ! Je repère une hôtesse de l’aéroport et fonce vers elle. Je lui demande, un brin de panique dans la voix, si cette pharmacie est réellement fermée pour le reste de la journée. Elle confirme. Oh. My. God. Je vais louper mon avion, mes vacances, parce que je porte un putain de masque-en-tissu-écologique plutôt qu’un masque-chirurgical-en-papier-jetable !! Je lui explique ma situation, et elle me conseille d’aller voir au distributeur qui se trouve à l’extérieur, juste avant le couloir de température. Je me mets à courir, les cheveux en bataille, le sac à dos littéralement collé à mon dos (j’avoue, j’étais soulagée de me dire que mon voisin d’avion aurait un masque…), les roulettes de ma valise décollant du sol.

Inutile de préciser que j’ai eu la merveilleuse idée de porter des sandales fraîchement achetées pour les vacances et qu’à ce stade-ci, elles commencent à m’entailler les orteils.

J’arrive devant le distributeur, en nage. Oui, cher Journal, il existe désormais des distributeurs de masques / gels hydroalcooliques / gants, juste à côté des distributeurs de chips. Et là, je prie (je ne suis pas croyante, mais aux grands maux…). Je prie le dieu des distributeurs pour que celui-ci fonctionne et que les masques ne restent pas bloqués dans le vide, entre les spirales et la vitre ; je prie pour ne pas devoir taper sur la vitre et secouer le distributeur (on a tous ce genre de souvenirs d’enfance, n’est-ce pas ?), devant la dizaine d’agents de sécurité qui grouillent dans les parages. Les masques tombent. (Il existe donc un dieu des distributeurs.) Mais un doute m’assaille. Il va se passer quoi, quand je vais retraverser le tunnel qui prend la température, vu les sprints que je viens de faire d’un bout à l’autre de l’aéroport ?! Je respire un bon coup, essaye de paraître la plus normale possible (ce qui devient compliqué), fais semblant de chipoter sur mon téléphone, me force à marcher à une vitesse normale (non, mon vol ne part pas dans quarante minutes), et franchis le couloir. Qui ne sonne pas. (Y aurait-il aussi un dieu du tunnel qui prend la température… ?) Mon bagage enfin enregistré, je retourne rapidement à la librairie en espérant qu’ils vendent des pansements, parce que j’ai deux orteils maintenant en sang et que je crève de mal. Le contrôle des bagages à main se déroule sans encombre et je cours vers la porte d’embarquement (les pansements se décollent évidemment déjà et ressortent élégamment de part et d’autre de mes sandales…). J’arrive à l’instant précis où ils appellent le bloc de rangées dont je fais partie. Je présente mon billet, avance dans la file, et là… Là. Qu’est-ce que je vois ?!? Une pile de masques chirurgicaux !! Une pile !! De masques !! Chirurgicaux !! Pire !! Une dame !! Avec un masque en tissu !! Qui REÇOIT un masque chirurgical de la part de l’hôtesse (une autre, mais quand même !) !!!!! Ooooouuuuuh, putain. J’avais pas bon. Mais alors là, pas bon du tout.

J’ouvre mes chakras et continue à avancer (non sans avoir jeté un regard noir à la pile de masques). Après tout, ce qui compte, c’est que j’y suis et que je vais pouvoir monter dans l’avion, non ? HA ! HA ! HA ! (Le rire à cet instant est plus diabolique que joyeux, il faut bien le dire…) C’est le moment que choisit l’une des hôtesses pour nous demander de nous serrer un peu plus. L’accès menant vers l’avion n’est pas encore ouvert, et elles ne parviennent plus à enregistrer les autres passagers, car la file arrive à leur niveau. On se sert légèrement. « Encore un peu, s’il vous plaît ! » Nan, mais. Elle est sérieuse ? Quelques personnes échangent un regard, mais la plupart s’exécutent. Elle remet le couvert une troisième fois : « Allez ! Serrez-vous encore, on doit enregistrer les derniers passagers ! » Et là, je ne peux pas m’empêcher de lui répondre (je te rappelle que j’ai des pansements qui dépassent de mes sandales) : « Comment voulez-vous qu’on se serre plus ?? On est déjà collés les uns aux autres alors qu’on est censés être à un mètre cinquante ! » Vu que je suis assez éloignée de l’hôtesse, tout le monde m’entend. (Et se retourne, j’imagine, mais j’évite soigneusement de regarder autour de moi.) Elle nous invite, un peu agacée, à avancer dans un espace juste derrière elle, ce qui permet de faire deux files et de garder un peu plus de distance. Je me retrouve à côté des deux hôtesses. Elles se mettent à parler entre elles de ce qui vient de se passer, en néerlandais, pensant que la pauvre petite francophone que je suis ne comprend pas. Purée. Les chakras ne suffisent plus. Je me retourne vers elles, et leur dis, en néerlandais (parce que oui, je comprenais), que c’est complètement inacceptable de nous demander de nous serrer comme ça. « Mais il ne faut pas voyager alors, hein, madame ! » Elle me dit ça. Littéralement. Je n’en reviens pas. Avec tous les mails votre-sécurité-est-la-chose-la-plus-importante-au-monde-pour-nous qu’on a reçus d’Easyjet ?! « Ah, donc si on veut voyager, on doit se mettre en danger, c’est ça ? Sympa. » Ça la calme et elle se retourne pour continuer son embarquement. Au moment où nous pouvons enfin avancer vers l’avion, le monsieur à côté de moi me fait galamment signe de passer… (En vrai, j’étais un peu gênée d’être passée pour la furie de service, mais merde quoi !) On en rit un bon coup et il me dit que j’avais tout à fait raison. Et puis, ça y est. Enfin. Je m’assieds dans l’avion, la tête contre le hublot. I did it! (Foule en délire et vuvuzela !) J’arrive à Nice sans turbulences, sans atterrissage d’urgence dans la mer ni dépressurisation… (À ce stade-ci, je m’attendais à tout !)

Je n’ai finalement pas envoyé de mail pour me plaindre à Easyjet (mais rien que d’écrire cet épisode, la moutarde remonte !). Le soleil et l’ambiance des vacances ont eu raison de moi, et j’ai profité à fond. Bref. Vivement que je puisse y retourner ! Ma collection de masques, mes boules Quies et une béquille (d’un mètre cinquante) sont prêtes…


C.



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