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  • Photo du rédacteurCindy

Du têtard à la grenouille...


Samedi 30 avril 2022


Cher Journal,


Purée, je suis choquée. Ma grenouille mesure plus d’un mètre septante. Un mètre soixante et onze et demi, pour être exacte. (T’as vu, j’écris en franbelge pour ne vexer personne…) Non, mais t’imagines ?? J’en reviens pas.


Du coup, j’ai posé la question à Google : la plus grande grenouille actuellement répertoriée (car il semblerait qu’il y ait eu encore plus grand dans le passé) mesure jusqu’à trente-trois centimètres et peut peser plus de trois kilos. Ridicule, donc, à côté de MA grenouille. Je devrais peut-être contacter le Guinness Book. (Pourquoi ça s’appelle comme ça d’ailleurs, « Guinness » Book ? Une autre bonne question à poser à Google…)

Ceci dit, quand je vois les photos desdites grenouilles, je me dis qu’il faudrait quand même trouver un autre surnom pour mon fils… Hem, hem…


(Wep, ça ressemble à ça…)


Hier encore, je le berçais dans mes bras, telle une petite crevette dans son panier (oui, le pauvre, je l’appelais « crevette », avant de le rebaptiser « grenouille »)… Nan, en vrai, je n’ai pas ce sentiment de « C’était seulement hier que… ». Peut-être que le fait de l’avoir élevé seule fait que j’ai pu profiter pleinement de chaque moment, parfois avec de jolis défis et de gros coups de fatigue, bien évidemment, mais l’avantage, c’est que je n’ai rien raté ! J’ai tout vécu avec lui. J’ai pris part à chaque étape de sa vie. Et donc oui, le temps passe vite, mais je n’ai pas une impression de : « Mais, il vient tout juste d’apprendre à marcher, non ?! » Pas trop du moins…


Noah est né environ trois semaines en avance (une césarienne était planifiée le 16 octobre, un peu avant le terme, et il s’est pointé le 5, en mode « Ça va, wesh ? »). C’était un petit gabarit (d’où « crevette ») : deux kilos sept cent dix pour quarante-sept centimètres. Ha ! Avoue que là, tout de suite, tu te dis : « Ah oui, effectivement, une petite crevette. » Bah oui, j’ai pas tiré ces surnoms ridicules de nulle part, tu crois quoi, toi ?!


(Mhoooo… gouzi gouzi gouziiiii !!)


Tu sais pourtant que je ne suis pas du genre à gagatiser devant les bébés, mais quand c’est le tien, soyons honnêtes, c’est le plus beau bébé du monde, de l’univers, de la galaxie et au-delà (enfin, sauf quand il avait six mois et que sa tête ressemblait à une boule de bowling ! – Ma grenouille, si tu lis un jour ceci, je t’aime plus que tout au monde, ne l’oublie jamais ! Et c’est promis, je ne ressortirai pas ces photos avant ton mariage !).


En grandissant, il est vite passé sur la courbe haute des tailles, et, avec ses longues jambes fines et ses petites cuisses musclées, je me suis mise à l’appeler « ma grenouille » (en fait, il y a aussi eu « ma sauterelle » tiens, maintenant que j’y pense, mais c’est « grenouille » qui a subsisté…).


Bref. Aujourd’hui, il a treize ans, mesure un mètre septante et un et demi (mes amis français traduiront), m’a largement dépassée, sait me porter, s’amuse à me regarder d’en haut (pas « de haut », la nuance est importante !) et commence à avoir une voix d’homme (avec quelques « voice cracks » comme il le dit si bien…).


Non, mais, sans rire ! Comment est-ce possible ? Je voyais bien qu’il poussait comme une mauvaise herbe depuis des mois (attention, il y a de mauvaises herbes très, très jolies, ho !), mais là…

Bon, j’avoue qu’on peut difficilement manquer l’info, parce que chaque fois qu’on va chez mes parents, ma maman, qui souffre de problèmes de la mémoire, nous dit : « Mais, il est plus grand que toi ! » (suivi de : « Et tu chausses du combien ? », parce que la question arrive souvent quand on est dans le hall, prêts à partir et qu’on remet nos chaussures), ce à quoi, on lui répond patiemment que oui, oui, cela fait un certain temps. (Jusqu’il y a peu, on avait droit à : « Mais, il est plus grand que Moi ! », et apparemment, il est devenu suffisamment grand pour que ça, ce soit clair et net.) Mais donc, la dernière fois qu’elle a dit ça, Noah était juste à côté de moi. Je l’ai regardé et me suis dit que, ouh la, on allait quand même le remesurer un coup, parce que oui, il était toujours plus grand que moi, mais son épaule dépassait VACHEMENT la mienne !


(Tu fais comme ça aussi ?)


Je me surprends parfois à me demander ce qu’il fera plus tard. Quel adulte il sera. Tu penses que tous les parents ont ça ? Genre, un truc inné de maman (ou de papa), en mode : ça y est, c’est presque un homme ! Quel métier va-t-il choisir ? Est-ce qu’il se mariera ? Partira vivre à l’autre bout du monde ? Aura des enfants ? Si oui, combien ?? Pas trop tôt, hein ! Je suis pas encore prête à garder les « petits » lorsqu’ils seront malades ! (Grosses gouttes de sueur sur le front !) Oui, bon, OK, je sais, on n’en est pas encore là, il a treize ans ! (Et demi !) Mais quand même ! il n’est jamais trop tôt pour se préparer ! Si ? Mmm… Mouais, t’as p’t-être raison...


En tout cas, il commence à vivre sa vie, partir avec ses potes, passer des heures à discuter avec eux, et en vrai, je suis super heureuse pour lui. Il est loin, le temps où il s’accrochait avec ses petites mains à la barrière de l’école maternelle, et qu’il me regardait m’éloigner, les yeux pleins de larmes ou carrément en pleurs. (Oui, tu le sens, le petit cœur de maman meurtri, qui devait abandonner son enfant pour partir travailler… un scandale…) Heureusement que les dames de garderie étaient assez sympas et me disaient qu’il arrêtait vite de pleurer. (Comme c’est le cas généralement, me semble-t-il, à savoir que dès que le parent a tourné le coin du bâtiment, les enfants arrêtent de pleurer, histoire de le faire culpabiliser toute la journée ! Ils sont trop forts ces mômes…)


J’avoue que je faisais (fais ?) plutôt partie de la catégorie des mamans stressées. Franchement, y a des parents, j’sais pas comment ils font ! Ils ont l’air zen en toutes circonstances, quoi qu’il arrive, quoi que leurs enfants fassent. Leur petite fille de trois ans approche dangereusement ses mains d’un brasero à Planckendael ? Ooooh, comme c’est mignon. Leur fils est malade et ne se sent pas bien ? Si, si, il ira malgré tout faire son match de hockey ! Leur bout d’chou fait les cent pas devant les escaliers ? C’est l’apprentissage de la vie…


Peut-être que les parents en couple sont moins stressés, j’en sais rien… (J’pourrais pas vraiment dire, c’est trop loin !) On est sans doute plus relax quand on gère les galères à deux, non ? Mais bon, je sais que, même si je relativise mieux qu’avant, je ne fais pas partie de la catégorie des mères hypra zen. Pour te donner une idée, si Noah doit par exemple faire un long trajet en voiture avec un autre parent, je suis pas forcément à l’aise. Idem s’il fait une sortie un peu loin avec ses potes. J’ai parfois peur qu’il lui arrive quelque chose… Oui, je sais, no comment. Ça craint et il faut qu’je relativise ! En même temps, c’est plus facile à dire qu’à faire ! C’est la prunelle de mes yeux après tout, merde quoi ! Est-ce que tu confierais ta prunelle à n’importe qui ? Est-ce que tu voudrais qu’il arrive quelque chose à ta prunelle ? Moi pas hein ! (Tu crois que ça pourrait être son nouveau surnom ça, « prunelle » ? Peut-être pas si je veux qu’il m’adresse encore la parole…)


En tout cas, ce que je sais, c’est que ma grenouille et moi, on est unis pour la vie. (Wesh, frère.) Et en lisant ces lignes, tu pourrais te dire : « Oh là là, encore une de ces mères poules, qui étouffe son gosse et ne le laisse pas respirer ! ». Franchement, je ne pense pas… J’ai fait de mon mieux pour que ce ne soit pas le cas, et puis bon, c’est pas non plus comme si j’étais une gnangnan (gnangnante ? gnangnanne ?). J’ai un bon p’tit caractère, donc oui, si quelqu’un lui fait du mal, je le mords, mais je laisse aussi mon bonhomme vivre sa vie.



Une chose est sûre, le temps avance et on ne sait jamais de quoi sera fait demain.


Même si je ne me dis pas qu’hier encore, je serrais ma grenouille/crevette/sauterelle dans mes bras (ah oui, il y a aussi eu « sushi », quand il était enroulé comme une crêpe dans sa couverture ! Du coup, je ne sais pas pourquoi c’était « petit sushi » et pas « petite crêpe »… sans doute moins mignon… va savoir), je me dis quand même que purée, il a treize ans (et demi ! C’est important !) et moi quarante-quatre (et demi ! C’est moins important…) et qu’il y a encore un paquet de projets que je veux réaliser.


En vrai, c’est drôle, parce que par rapport à ma propre vie, j’ai parfois cette sensation de : « Mais, hier seulement, je quittais l’école normale ! Que s’est-il passé ?? » Surtout dans ma tête. De toi à moi, je n’ai pas du tout l’impression d’avoir quarante-quatre ans. Pire, quand je vois à la télé ou autre des gens de mon âge, j’ai toujours le sentiment d’être plus jeune. Eh oui. Que veux-tu ? Il n’y a pas si longtemps, je me disais que les gens de quarante ans étaient vieux, et aujourd’hui, j’ai quarante ans. (Oui, bon, quarante-quatre, ça va !)


Comme quoi, c’est vrai qu’il faut vivre à fond chaque moment de sa vie (j’vais pas me gêner hein, si on me traite de vieille, je vais tenir des propos de vieille, na !). J’t’en parlais il y a quelques mois, mais j’insiste. S’il y a des rêves qui te tiennent à cœur, ne laisse pas trop le temps filer. Y a un moment où il faut se dire : « Go, on se bouge les fesses et on s’active ! ». Certaines personnes tiennent des listes dans des carnets, d’autres quelque part sur leur ordi, ou encore les gardent dans un coin de leur tête… Où que ça se trouve, il faut à un moment faire le premier pas et se lancer. Sinon, ça n’arrive jamais.


Après tout, qu’est-ce que tu risques ?


Tu me diras quand tu as posé la première pierre, d’accord ?


Je reviens bientôt t’écrire !


À pluche,


C.



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