• Cindy

Péripéties d'une maman solo entrepreneure, épisode 1 (Une histoire de gâteaux)

Mis à jour : il y a 2 jours


16 octobre 2020

Cher Journal, Douze ans. Tu te rends compte ?! Douze ans que cette grenouille est entrée dans ma vie. Il me laisse encore l’appeler "grenouille", mais ça ne va plus durer, je le sais bien ! Octobre, c’est un peu le mois des anniversaires chez nous. Entre le sien (le 5) et le mien (le 15), c’est festival de gâteaux ! Je me suis forcée à finir les restes hier, j’en pouvais plus ! (On parle des régimes-d’après-fêtes-de-fin-d’année, je peux te dire qu’ici, c’est régime-d’après-octobre-mois-des-anniversaires !


(Pâte à sucre party !)

Et encore, cette année, j’ai échappé au goûter d’anniversaire à l’école ! C’est pas que ça m’embête, mais faire des gâteaux pour l’annif à l’école, l’annif avec les copains, l’annif avec la famille… Même si j’aime pâtisser, y a un moment où je peux plus les voir en peinture, les gâteaux ! Pour te dire, même Noah (ladite grenouille) finit par ne plus demander à goûter la pâte. (Bon, OK, si je lui agite le batteur sous le nez, il ne dira pas non…) Je repensais d’ailleurs avec émotion au cake que j’avais fait pour son école, l’année dernière. J’ai encore honte quand j’y pense. Dans la catégorie "laissons un souvenir impérissable à l’école primaire de son fils", nous avions une gagnante, ding, ding, ding ! Franchement, je crois que j’ai jamais réalisé un gâteau aussi moche de toute ma vie, même quand j’étudiais la pâtisserie en cours du soir et qu’on apprenait à monter des croques en bouche (tu l’imagines, le carnage… ?).

Ça avait pourtant bien démarré ! Ma grenouille voulait un rainbow cake. Jusque-là, rien de trop sorcier. Ça prend du temps, mais c’est tout.


(Bel arc-en-ciel, n'est-ce pas ?!)

Les soucis ont commencé au moment de la décoration. (Il est bien connu qu’on peut difficilement présenter un gâteau à des enfants, sans un minimum de décorations chimiques multicolores.) Je ne sais pas pourquoi (mettons ça sur le compte de la fatigue, elle a toujours bon dos celle-là), j’ai naïvement cru (voulu croire ?) que les restes de pâte à sucre que j’avais dans mon armoire seraient suffisants pour recouvrir un rainbow cake. Genre, un rainbow cake. Six couches de cake. Une tour, en somme. J’ai tenté un premier assemblage style "patchwork", en étalant le plus finement possible tous mes fonds de pâte à sucre. Seulement, voilà. Un vrai patchwork, j’entends par là, composé d’une alternance de carrés multicolores, bien rangés, bien réguliers, c’est joli (du moins, ça peut l’être). Ma réalisation faisait plutôt l’effet de restes de plasticine collés ensemble. (Ai-je mentionné que les couleurs dont je disposais passaient du bleu foncé au noir, sans oublier le marron ?) C’était juste moche. Inutile de préciser que, pour des raisons évidentes (vis ma vie de parent), cet angoissant épisode digne du "Meilleur Pâtissier" se déroulait à 22 heures, la veille du fameux goûter à l’école. Je suis restée un instant face à ce désastre, hésitant à tout jeter à la poubelle. (Soyons honnêtes, à cette heure tardive, j’avais non seulement envie de faire autre chose, mais manquais aussi lééééégèrement de patience.) J’ai respiré un coup et décidé que je terminerais mon œuvre le lendemain, que j’irais acheter de quoi finir le glaçage après avoir déposé Noah à l’école et que j’y retournerais ensuite pour déposer le gâteau (parce que oui, tu t’en doutes, je n’avais que ça à faire de ma journée……).

J’avoue que les cakes préemballés m’ont fait de l’œil, au magasin. J’ai tenu bon (après tout, j’avais une tour-rainbow-cake à la maison !) et me suis retrouvée au rayon pâtisserie, devant une sorte de glaçage à faire chauffer au micro-ondes. Voilà qui ferait l’affaire ! Rapide, efficace, nickel ! Le truc, c’est que quand c’est trop simple, ça cache souvent quelque chose… Et le premier tube de glaçage, eh bien, il a juste explosé dans mon micro-ondes, malgré la minuterie parfaitement calibrée sur trente secondes. Explosé, envoyant une sorte de chocolat infâme partout dans le four. Cramé. Inutilisable. Dégueu. J’ignore ce que l’univers a essayé de me dire ce jour-là, mais c’était pas un rainbow cake qui allait avoir ma peau, ah ça non ! J’ai ouvert mes chakras. (Namaste !) J’ai tenté un deuxième essai, en faisant chauffer les autres tubes par tranches de cinq secondes, les tordant au maximum afin de ne pas perdre une goutte du précieux liquide. J’ai reculé pour admirer mon œuvre, et là… Là. J’ai dangereusement oscillé entre le fou rire et la crise de larmes. Je n’avais jamais utilisé ce genre de glaçage tout fait. (Si un jour tu hésites à en acheter, sache que c'est vraiment laid.) Dans ma précipitation, je n’avais en plus pas pensé à égaliser un minimum les bords de la tour-gâteau… Bref. C’était Kloug. (Désolée, je n'ai malheureusement pas de photo !) J’ai un diplôme de chocolatière-pâtissière, et je venais de réaliser un Kloug pour l’anniversaire de mon fils. Et pas un petit Kloug gentillet, non, non, non, un Kloug de compétition ! (En y repensant, je me dis que j’aurais peut-être dû faire croire que c’était voulu ?) Oh. My. God.

Oui, je sais. À ce stade-ci, j'aurais pu (dû ?) aller à la pâtisserie. Mais il était hors de question que je déclare forfait face à ce gloubi-boulga en culotte courte ! Non, mais oh ! J’avais perdu la bataille, pas la guerre ! (Têtue, moi ?) Il fallait que je sorte quelque chose ! Je ne pouvais pas présenter ça à Cyril, à Mercotte, ou foutre la honte à mon fils devant toute l’école !

J’ai tout râpé, enlevé, ôté jusqu’à l’os. Égalisé les bords. Fait fondre du simple chocolat noir (nouvelle expédition au magasin, j'en pouvais plus de ce p****n de cake !). Recouvert la tour. Mis la bête au frigo. Compati à l'avance pour le pauvre prof qui allait devoir couper ça. (En tant qu’ancienne instit, j’ai quelques souvenirs impérissables de gâteaux à la crème fraîche, Javanais et gâteaux-glacés-sans-congélateur…) Il me restait vingt minutes pour atteindre l’objectif que je m’étais fixé : à 10 heures, le gâteau devait être à l’école. Après avoir saupoudré le dessus de sucre-impalpable-cache-misère et déposé les lettres-boudins formées avec ce que j’avais pu récupérer de pâte à sucre, j’ai démarré en trombe.

(Voilà le résultat après des heeeeuuures de travail... Hem, hem, hem...)

Deux des quatre lettres ont dégringolé durant le trajet. (Là, je me suis inclinée. Kloug 3 – Cindy 1.) J’ai déposé le tout au secrétariat, gênée à mort. Heureusement, l’intérieur était beau (l’effet de surprise aura été total). Et c’était bon (bah oui, quand même). Enfin bref. Cette année, il n’y a pas eu de gâteau à apporter à l’école, hé, hé ! Mais purée. J’en reviens pas. Il a douze ans. Bientôt, il passera ses week-ends avec ses potes. Il ne reviendra à la maison que pour manger et dormir. Il n’aura plus besoin de moi (gros sanglots) ! L’autre soir, je le lui ai dit. Et tu sais ce qu’il m’a répondu ? "Mais, maman, j’aurai toujours besoin de toi…" en me faisant un gros câlin. Qu’est-ce que je l’aime, ce petit homme... Rien que pour ça, ma grenouille, je te refais un Kloug quand tu veux... Allez, faut qu’je file, j’ai un spag bolo sur le feu, je préfère éviter que ça explose dans toute la cuisine ! (On m'aura pas deux fois !) Xxx


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© 2020 Cindy Latouche

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