• Cindy

J'ai changé de nom et j'ai survécu !

Mis à jour : avr. 10


Alors, afin que les choses soient claires… Je ne suis pas en train de te parler d’un éventuel (re)mariage. Ni d’une éventuelle décision prise après de nombreuses années de psychothérapie visant à apaiser mes souffrances de jeunesse liées à mon nom de famille (la mouche, pas touche, qui louche, dans sa douche, cartouche, la bouche… oui, bon, ben, ça va !). Bien que ce sujet puisse faire l’objet d’un post entier, ce n’est pas à l’ordre du jour. (Et je te rassure, cela n’a pas nécessité des années de psychothérapie…) Non, non.


Je vais bel et bien évoquer le grand chamboulement que provoque le changement du nom de sa marque.

Comme tu le sais peut-être, l'un de mes projets est le développement d'un site e-commerce. Et comme tout bon entrepreneur débutant qui se respecte, je fais pas mal de boulettes lors de la création de mon projet. Entre autres boulettes, je choisis un nom de marque avant d’avoir réellement posé les bases. Je recadre le contexte. Je vends des vêtements de sport. Principalement axés fitness / yoga. Je ne crée pas les vêtements (un jour, peut-être), je sélectionne quelques marques et je propose cette sélection sur mon site, ainsi que dans certains clubs de sport. Mon idée de départ était la suivante : nous allions être quatre. (Oui, oui, tu ressens bien l’aspect non établi de cette première donnée, n’est-ce pas ?) Chaque mois, nous présenterions quatre tenues sur le site. Les acheteuses auraient un mois pour se les procurer, ensuite, on passerait à quatre nouvelles tenues. En mode vente flash. Et voilà, « We’re Just 4 Girls » était né. (Pourquoi faire simple…)


Je suis vite confrontée à plusieurs problèmes :

- Gérer ce genre de stock, sans se retrouver à devoir tapisser les murs de son appartement avec les invendus (oui, j’avoue, ça pourrait faire une déco méga originale), n’est pas le plus facile lorsqu’on lance une activité avec zéro de budget marketing. (Et à peu près 0% de connaissances dans le domaine.)

- Trouver trois autres nanas prêtes à s’investir dans l’aventure avec moi. Car oui. J’ai créé le nom, le logo, les cartes de visite, avant de trouver lesdites nanas. Bah, c’est tellement chouette de faire imprimer des cartes de visite et les donner à ses potes !

Bref.


Je recadre le concept (un e-commerce plus traditionnel, des événements et pop-ups, afin de faire découvrir mes sélections de fringues), mais en gardant le nom, qui, à ce moment, me plaît bien. (Et puis, bon, j’ai cinq cents cartes de visite à écouler.)

Sauf que… Personne ne parvient à le retenir, ce nom. Même celles qui connaissent bien mon projet ! Ou qui m’ont déjà acheté des vêtements ! Ou sont abonnées à ma newsletter !!

(Bon, allez, pas de négativisme à outrance, entre cinq et dix personnes l’ont sans doute retenu.)

Just for Girls ?

We are Girls ?

Just Girls ?

We are four Girls ?

4 Girls ?

We’re Girls ?

Mmm… Presque...

Quand il faut épeler le nom chaque fois qu’on te le demande, quand les gens ne retrouvent pas ton site à moins d’avoir reçu le lien, je pense qu’on peut être d’accord sur le fait qu’il y a un problème. (Houston ? Est-ce que Thomas Pesquet nous reçoit ?) Et puis, au final, on n’est pas quatre, c’est juste me, myself & I.


Ça commence à me tracasser. Un peu. Beaucoup même. (Passionnément.)

Mais je ne sais pas par où commencer. Comment est-ce qu’on fait pour trouver un chouette nom de marque ? « Le Slip Français », ils étaient bourrés quand ils ont tranché sur le nom ? « Lulu Lemon », ils ont essayé de trouver un nom avec le plus de « l » possible ? Je tire au sort trois mots et j’essaye de les agencer ensemble ? Finalement, je trouve conseil auprès du groupe LiveMentor, chez qui j'ai suivi des formations. Une première rencontre très importante a lieu à Paris, lors d’un conférence d'entrepreneurs. Isabelle Mille, qui fait de la brand strategy, vient me trouver lors d’une pause, suite à mon petit passage improvisé sur scène (c’était trop cool, une belle surprise !). On discute, de mon projet, de mes problématiques, et spontanément, elle me propose son aide.


Une deuxième personne qui va beaucoup m'aider est Pierre Dron, que je rencontre lors d’un week-end entrepreneurial auquel je participe. J'apprends qu'il s’occupe, entre autres, du développement de marques. Nous nous retrouvons dans le même groupe de travail. L’un des exercices consiste à mettre son projet et ses difficultés à nu. Je parle de mon travail de « re-branding » dans lequel je suis lancée, et Pierre me propose son aide également. Je suis extrêmement reconnaissante envers ces deux personnes, qui m’ont conseillée et épaulée. Merci Isabelle et Pierre, du fond du cœur !


Grâce aux discussions que nous avons, j’avance et je commence à y voir plus clair.

Les échanges que j’ai avec l’un et avec l’autre sont complémentaires et pertinents pour moi. On débroussaille. On élague. On trie. On recentre… Je revois la « carte d’identité » de mon projet. Cet exercice est très utile pour avoir une vision d’ensemble plus claire, et revoir les fondations, les racines. Je ne vais pas vous le cacher, le chemin est assez long. D’une part, parce que je ne suis pas dans une période personnelle évidente et que le temps (l’énergie) à consacrer à mon projet n’est pas énorme. Et puis surtout… Quelle galère… Mais QUEL-LE GA-LÈ-RE !! Le fameux « branding ». « The » branding. Celui qu’on admire tant lorsqu’on en voit des exemples qui cartonnent. Des identités de dingue et tellement claires. Mais purée, qu’est-ce que c’est compliqué de trouver son ton. Son identité. Sa marque. (Mazette ! comme on dit chez nous, en Belgique.) Et comme ça, petit à petit, à force de discussions, de réflexion et de bienveillance, je trouve un nom qui me plaît et qui correspond à l’identité de mon projet. La touche finale est trouvée au mois d’août, en début de nuit, au détour d’une question que je pose sur le groupe d'entrepreneurs. Je suis en vacances chez mon oncle, dans le sud de la France, littéralement en mode réflexion existentielle face au ciel étoilé, lorsque mon post est validé et que cette discussion démarre. J’avais, à ce moment, tranché sur le nom : Woman Touch. Je n’avais demandé l’avis que de quelques personnes, afin de ne pas m’égarer. Sur le post, je demande des conseils sur le nom de domaine car le .com est pris. Mais la discussion dévie. Les noctambules du groupe sont réveillés… et un brainstorming comme on ne peut en faire qu’aux petites heures de la nuit démarre. Mes deux acolytes, Pierre et Isabelle, sont là…


C’est comme ça que La Woman Touch voit le jour. Juste un petit mot en plus. La petite touche supplémentaire. Le petit côté perso, qui joue avec mon nom (eh oui, celui qui m’a tant traumatisée à l’époque devient aujourd’hui mon allié). Le petit côté original. La petite référence francophone dans une communication essentiellement en anglais sur mon site. Bref, LA touche qui fait la différence. Et, chose essentielle, qui me plaît. Il me reste beaucoup de boulot… Changer les réglages SEO de mon site. Trouver la bonne typo. Refaire des cartes de visites (et tapisser mon coin bureau avec les anciennes). Communiquer ce changement de nom avec ma communauté. (Scandaleux que ce ne soit pas encore fait, je sais…) Etc, etc, etc. Toujours avancer. Un pas à la fois. Avec les moyens du bord. That’s the only way, right? Et toi, tu as déjà survécu à un changement de nom ou d'identité pour ton projet ? Raconte !!


© 2020 by Cindy Latouche

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